Aveyron : voici l’histoire d’une femme qui unit deux mondes — la conduite des troupeaux et la sélection génétique. À Le Truel, le GAEC des Coulons élève 700 brebis lacaunes, produit du lait AOP Roquefort et, depuis quelques années, façonne des beaucerons aptes au travail sur de grands troupeaux.
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Comment tout a commencé
La passion naît en 2006, avec l’arrivée d’une première chienne beauceron sur l’exploitation familiale. Quelques années plus tard, à 19 ans, Amandine Gastal achète son premier chien avec pedigree, baptisé Élan. C’est ce nom qui donnera l’affixe : la bergerie d’Élan.
Durant son BPREA, Amandine effectue un stage dans le Doubs. Elle s’initie au dressage des beaucerons et comprend rapidement leur utilité pour conduire les bovins et les ovins. Sa première portée voit le jour en 2012. En 2014, elle intègre le GAEC familial et lance officiellement l’atelier de sélection canine.
Une sélection au service du travail
La sélection n’est pas un hasard. Le GAEC pratique déjà la sélection sur ses 700 brebis lacaunes. Amandine transpose ces méthodes pour choisir des chiens capables de travailler sur de grands lots.
Elle vise deux exigences : respecter le standard de la race et privilégier les aptitudes au dressage. Les parents sont radiographiés pour détecter la dysplasie des hanches et des coudes. Ils passent aussi un test auditif. Chaque chien vendu a un pedigree, une assurance pour les acheteurs exigeants.
Pourquoi choisir le beauceron ?
Le beauceron est le plus grand des chiens de berger français. Il est proche de son maître et cherche à lui faire plaisir. Il peut sembler moins précis qu’un border collie, mais il excelle pour gérer de vastes troupeaux.
Autre atout : son physique impressionnant. Il intimide et sert aussi de bon chien de garde, utile dans les zones isolées. Surprise : un seul beauceron bien dressé peut suffire pour conduire 700 brebis.
Dans la bergerie et sur le terrain
Le GAEC des Coulons est une exploitation familiale. Amandine travaille avec sa mère, son frère et sa sœur. Ils élèvent environ 700 brebis lacaunes, 60 suffolks et six vaches. Les brebis sont traites de septembre à mai et le lait part à la laiterie Papillon pour l’AOP Roquefort.
Sur la ferme, deux à trois chiens assistent les salariés et associés. L’élevage canin reste à taille humaine : environ dix beaucerons, dont quatre à cinq femelles reproductrices. Les chiennes font une portée par an et sont saillies par des mâles choisis hors élevage.
Vente, dressage et suivi
La bergerie d’Élan met en vente 30 à 40 chiots par an. Les chiots partent à deux mois, au prix moyen d’environ 1 700 euros TTC. Les acheteurs viennent de France, d’Europe et parfois des États‑Unis.
La plupart des chiots (50 à 70 %) rejoignent des exploitations — bergers, éleveurs de vaches, de chèvres ou même d’aviculture. Amandine insiste pour que l’éleveur d’origine commence le dressage. Vous apprenez avec le chien. Le résultat est plus solide que d’acheter un animal « clé en main ».
Comptez deux à trois ans pour qu’un beauceron soit pleinement opérationnel en conduite. Amandine recommande des stages pratiques avec des brebis habituées aux chiens. Elle assure aussi un suivi à vie : conseils en dressage, reprise ou replaçage si nécessaire. Un éleveur qui revient après dix ans pour un nouvel animal vaut à ses yeux le plus beau compliment.
Reconnaissance et perspectives
En treize ans, la bergerie d’Élan a construit une réputation solide. L’élevage a été élu deux fois meilleur élevage de beaucerons de France. En 2025, trois de ses chiens remportent le titre de champions de France conformes au standard. Cette même année, l’élevage est sélectionné pour le Salon de l’Agriculture 2025.
Si vous cherchez un chien de conduite robuste, proche de son maître et capable de gérer de grands troupeaux, le beauceron de la bergerie d’Élan mérite votre attention. Voulez‑vous en savoir plus sur le dressage ou les modalités d’achat ? N’hésitez pas à poser vos questions — la passion et l’expérience de l’élevage répondent volontiers.
