Trouver un oisillon au sol surprend et émeut. Avant d’agir, prenez une seconde pour observer. Tous les petits oiseaux au sol n’ont pas besoin d’être sauvés. Mais si l’oisillon est vraiment en danger, savoir quoi lui donner et comment le nourrir peut faire la différence.
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Faut-il intervenir ? Comment décider
La première action consiste à évaluer si l’oisillon est abandonné ou simplement en phase d’apprentissage. Deux cas se présentent souvent.
- Jeune prêt à quitter le nid (fledgling) : il a des plumes bien formées, saute ou bat des ailes et appelle ses parents. Les parents le nourrissent souvent au sol. Dans ce cas, il est préférable de ne pas le prendre.
- Véritable oisillon tombé du nid (nestling) : il est peu plumé, ne peut pas se tenir ou semble froid et immobile. Si le nid est détruit ou si les parents n’apparaissent pas pendant plusieurs heures, l’oiseau a besoin d’aide.
Si vous n’êtes pas sûr, observez à distance pendant 1 à 2 heures. Si aucun parent ne revient, intervenez.
Remettre l’oisillon au nid : la meilleure option
La première solution reste toujours de remettre l’oisillon dans son nid. Contrairement à une idée reçue, le contact humain n’entraîne pas le rejet par les parents. Leur odorat est faible. Reposez l’oisillon doucement dans le nid si celui-ci est intact et accessible.
Si le nid est détruit, fabriquez un nid de remplacement : une petite boîte ou un panier. Tapissez-le de papier absorbant ou d’herbe sèche. Fixez-le près de l’ancien emplacement, à l’abri du vent et des prédateurs.
Que donner à manger ? Aliments appropriés
Dans la nature, les parents apportent principalement des insectes, des vers et des larves. Les oisillons ont besoin d’une alimentation très riche en protéines et d’une hydratation fournie par les aliments.
Aliments d’urgence : recettes et quantités
Si vous devez nourrir temporairement un oisillon, voici des solutions simples et mesurées. Donnez toujours de très petites portions à la fois (volume équivalent au jabot, soit environ la taille d’une petite cerise).
- Vers de farine ou petits grillons : 2 à 5 petits vers ou 1 à 2 grillons par petit oisillon, coupés en morceaux de 2–4 mm pour les très jeunes. Donnez toutes les 20–30 minutes le jour.
- Pâtée pour oisillons (préparée) : suivez les doses du fabricant. En dépannage, donnez 0,25 à 0,5 cuillère à café (1–2 ml) par petit oisillon et par repas.
- Croquettes pour chat ramollies : 10 g de croquettes pour 20–30 ml d’eau tiède. Laissez gonfler jusqu’à obtention d’une pâte molle et donnez 0,25 à 0,5 cuillère à café par repas.
- Œuf dur : écrasez 1 œuf dur (blanc + jaune) et mélangez avec 1 cuillère à soupe (15 ml) d’eau tiède pour obtenir une purée homogène. Donnez 0,25 cuillère à café par petite prise et pas plus d’une à deux fois par jour.
Aliments à éviter absolument
- Ne jamais donner : lait, pain, biscottes, céréales sucrées, riz cru, pâtes crues ou restes de repas assaisonnés. Ces aliments sont mal digérés ou dangereux.
- Ne pas donner d’eau directement : verser de l’eau dans le bec peut provoquer une inhalation. L’hydratation vient des aliments humides.
Comment nourrir en pratique
La technique est aussi importante que l’aliment. Préparez un espace calme, chaud et sombre pour limiter le stress.
- Chauffer l’oisillon : placez-le dans une petite boîte tapissée de papier absorbant. Mettez une bouillotte tiède (bien protégée) à proximité. Un oisillon trop froid ne digère pas bien.
- Outils : utilisez des pincettes, un petit bâtonnet, ou une seringue sans aiguille pour approcher la nourriture du bec. Approchez doucement. La plupart des oisillons ouvrent le bec en voyant la nourriture.
- Petites quantités : donnez de très petites bouchées. Laissez l’oiseau déglutir avant d’en proposer d’autres. Évitez les aliments secs ou durs.
- Fréquence : nourrissez toutes les 20–30 minutes du lever au coucher du soleil. La nuit, n’alimentez généralement pas.
Signes de bonne santé et d’alerte
Un oisillon en forme ouvre le bec, avale facilement et reste alerte. Le jabot peut être légèrement gonflé après le repas. En revanche, alertez un professionnel si l’oiseau est apathique, refuse de manger, présente une respiration laborieuse ou une diarrhée.
Après les premiers soins : que faire ensuite ?
Nourrir un oisillon est souvent une solution temporaire. Les oiseaux sauvages ont besoin d’apprentissage du vol et de la recherche de nourriture. La meilleure suite est de confier l’oisillon à un centre de sauvegarde de la faune ou à un vétérinaire spécialisé.
Pour transporter l’oisillon, placez-le dans une boîte ventilée, au calme et à l’obscurité. Contactez le centre local pour savoir comment procéder et où l’apporter.
Garder un oisillon à la maison : mauvaise idée
Il est tentant de garder le petit. Mais la détention d’un oiseau sauvage compromet souvent ses chances de survie. Un oisillon élevé par l’humain peut s’imprégner, perdre ses compétences de survie et ne plus savoir se nourrir seul. Préférez la réhabilitation et la libération par des professionnels.
En résumé, observez d’abord. Remettez le petit au nid si possible. Si vous devez nourrir, privilégiez les insectes ou une pâtée adaptée, donnez de très petites quantités et chauffez l’oiseau avant le repas. Enfin, contactez rapidement un centre de sauvegarde : c’est la meilleure chance pour l’oisillon.
