Le riz, aliment de base pour des milliards de personnes, peut-il aggraver le réchauffement climatique ? La réponse est nuancée. Ce n’est pas le pire émetteur, mais la façon dont il est cultivé explique une part importante de ses émissions.
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Pourquoi le riz produit-il du méthane ?
La plupart du riz est cultivé dans des rizières inondées. L’eau empêche l’oxygène d’atteindre le sol. Des bactéries anaérobies y prospèrent. Elles transforment le carbone en méthane, gaz très puissant pour l’effet de serre.
Le méthane a un pouvoir de réchauffement bien supérieur au CO2. Sur un horizon courant, il agit environ 25 fois plus que le dioxyde de carbone. Autrement dit, même si la quantité émise est plus faible, son impact est disproportionné.
Comment le riz se compare-t-il aux autres aliments ?
Les chiffres aident à se rendre compte. Un kilo de viande de bœuf émet environ 28 kg d’équivalent CO2. Un kilo de beurre tourne autour de 8 kg. Un kilo de fromage, près de 5 kg. Beaucoup de céréales et de légumineuses restent sous la barre de 1 kg d’équivalent CO2 par kilo.
Le riz se situe plutôt à 2 kg d’équivalent CO2 par kilo consommé. Ce n’est pas catastrophique comparé à la viande. Mais c’est notable pour une céréale. C’est aussi pourquoi un plat de riz peut être quatre fois plus émetteur qu’un plat à base de maïs, comme la polenta.
Peut-on réduire ces émissions sur le terrain ?
Oui. Il existe des pratiques agricoles qui diminuent fortement les émissions de méthane. Remplir continuellement les rizières n’est pas la seule méthode. Des techniques de culture non inondée ou alternant sécheresse et inondation réduisent le méthane.
Au Japon, des expérimentations à grande échelle montrent qu’il est possible de produire du riz sans immersion permanente. Cela demande des adaptations et parfois plus d’investissement. Mais ces méthodes consomment moins d’eau et génèrent moins de méthane.
De plus, la sélection variétale, la gestion de la fertilisation et la maîtrise de la matière organique du sol jouent un rôle. Les solutions existent ; elles nécessitent volontés politique et économique pour se généraliser.
Que pouvez-vous faire, en tant que consommateur ?
Vous n’êtes pas responsable seul(e) du bilan climatique mondial. Mais vos choix comptent. Diversifier votre alimentation réduit la pression sur la riziculture intensive.
- Remplacez partiellement le riz par des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots). Elles émettent moins et sont très nutritives.
- Essayez d’autres céréales : maïs, millet, boulgour ou quinoa. Cela diminue la demande concentrée sur le riz.
- Soutenez les filières qui adoptent des pratiques à moindre émission. Renseignez-vous sur l’origine du riz que vous achetez.
Faut-il cesser de manger du riz ?
Non. Le riz reste essentiel pour des millions de personnes, notamment dans des régions où il assure la sécurité alimentaire. Arrêter n’est ni réaliste ni nécessaire.
En revanche, réduire la dépendance, encourager les pratiques non inondées et diversifier l’alimentation sont des pistes concrètes. C’est bon pour la planète et souvent pour la santé.
En bref : que retenir ?
Le riz contribue au réchauffement climatique surtout à cause du méthane issu des rizières inondées. Il émet plus que d’autres céréales, mais moins que la viande. Des pratiques agricoles alternatives existent. Vos choix alimentaires peuvent aider : manger plus de légumineuses et varier les céréales réduit l’impact global.
Vous pouvez commencer par une action simple : remplacez un plat de riz par un plat de lentilles une fois par semaine. C’est un petit geste. Sur le long terme, il fait la différence.
