Une course contre la montre a lieu chaque année dans les champs du Loudunais pour sauver les busards cendrés

Une course contre la montre a lieu chaque année dans les champs du Loudunais pour sauver les busards cendrés

Chaque printemps, une véritable course contre la montre se tient dans les plaines céréalières du Loudunais. Il s’agit de repérer et de protéger les nids des busards cendrés avant la moisson. Le temps est compté. Les moissonneuses arrivent vite.

Pourquoi cette urgence chaque année?

Les busards cendrés sont des oiseaux migrateurs. Ils arrivent en avril depuis les pays nordiques. Ils choisissent souvent les grandes parcelles de blé ou d’orges pour nicher. Les œufs éclosent généralement début ou mi-juin. Les jeunes doivent rester au sol et sous la végétation pendant plusieurs semaines.

La moisson tombe au même moment. Une machine qui passe peut détruire une nichée entière en quelques minutes. C’est pour cela que les équipes locales parlent d’une vraie course contre la montre. Les adultes repartiront en août vers l’Afrique du Nord. D’autres espèces proches, comme le busard Saint‑Martin, font une halte en Espagne pendant leur migration.

Le rôle des bénévoles de la LPO du Loudunais

Depuis 2024, le groupe local de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) du Loudunais coordonne cette protection. Les bénévoles arpentent les champs bien avant la moisson. Ils cherchent les parents, repèrent les nids et surveillent l’éclosion des oisillons.

Leur mission demande beaucoup de patience et d’observation. Ils travaillent souvent à l’aube ou en fin de journée. Ils approchent avec prudence pour ne pas effrayer les oiseaux. Une fois la nichée localisée, ils préviennent les agriculteurs et proposent des solutions pour protéger les jeunes.

Comme l’explique Jimmy Vendé, référent pour le secteur de Loudun, il faut obtenir l’accord des exploitants. On pose ensuite des protections pour empêcher qu’une moissonneuse-batteuse n’endommage le nid. La communication avec les agriculteurs est donc essentielle.

Comment sont installées les protections?

La méthode la plus utilisée consiste à poser des grillages de protection autour du nid. Les bénévoles emportent des grillages, des piquets et des sardines pour les fixer au sol. Ils plantent des piquets et tendent le grillage pour créer une mini-enclos. Le but est de protéger les oisillons sans gêner l’accès des parents.

Les installations sont discrètes et posées quelques jours après l’éclosion. Elles restent en place jusqu’à ce que les jeunes soient capables de quitter le sol. Les bénévoles vérifient régulièrement l’état des protections pour s’assurer qu’elles tiennent bien et qu’elles n’entravent pas le passage des oiseaux.

Que risque-t-on sans ces actions?

Sans repérage et protection, de nombreuses nichées sont détruites à la moisson. Cela réduit fortement le succès reproducteur des busards. À long terme, la population locale peut décliner. La perte d’une nichée est surtout tragique parce qu’elle est évitable. C’est ce qui rend le travail des bénévoles si concret et urgent.

Comment vous pouvez aider

  • Signalez toute observation de busards cendrés à la LPO locale. Une donnée peut faire la différence.
  • Si vous êtes agriculteur, discutez avec le groupe LPO pour trouver des solutions avant la moisson.
  • Devenez bénévole pour participer aux repérages et aux installations. Même quelques heures comptent.
  • Partagez l’information autour de vous. Plus il y a de vigilance, plus les chances de sauver des nichées augmentent.

Chaque printemps, ces gestes simples sauvent des oiseaux. La combinaison d’observation, de dialogue et de protection matérielle fonctionne. Vous pouvez contribuer à ce que les champs du Loudunais restent aussi des lieux de vie pour les busards cendrés.

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